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🛑 La dernière année à Londres a été comme une crise d’angoisse qui ne s’arrêtait jamais vraiment. Je m’appelle Inès Calvet. J’ai 34 ans. Aujourd’hui, je vis à East London, à Stratford. Pas dans un appartement. Juste une chambre. Une petite chambre dans une vieille maison près de Maryland Station, avec deux autres personnes avec qui je parle à peine. L’un travaille de nuit dans un entrepôt à Barking. L’autre est étudiant nigérian et cuisine à 2h du matin presque tous les jours, parce que c’est le seul moment où il rentre. Mais Londres n’a pas été le premier endroit où j’ai essayé de reconstruire ma vie. Je viens de Roumanie, près de Bacău. Et honnêtement… j’ai passé les 10 dernières années à fuir d’un pays à l’autre, en cherchant un endroit où la vie fait un peu moins mal. La première fois, je suis partie en Italie à 23 ans. Je vivais près de Milan, à Sesto San Giovanni. Je travaillais dans un petit restaurant : vaisselle, ménage après fermeture. 12 heures par jour. 6 jours par semaine. Je dormais dans un appartement avec quatre autres filles roumaines. Deux dans le salon. Une chez des personnes âgées. Une dans une usine. L’Italie était belle sur les photos. Mais en réalité, j’étais toujours fatiguée, toujours inquiète pour l’argent. Après presque trois ans, je suis partie en Allemagne. J’ai vécu à Dortmund. Travail de nettoyage via des agences, bureaux et hôtels. Tout semblait plus organisé. Mais la vie restait la même : travail, maison, sommeil. Réveil à 5h. Train. Nettoyage. Mal de dos. Retour. Sommeil. Je ne connaissais personne. L’hiver me détruisait mentalement. Parfois, je passais des jours sans une vraie conversation. Après l’Allemagne, je suis arrivée en Belgique. Anvers. Travail de nuit dans un entrepôt de tri de vêtements pour les magasins. Beaucoup de bruit. Très peu de sommeil. Les Belges étaient corrects avec moi. Mais je ne me suis jamais sentie chez moi. J’avais toujours cette impression de survivre… pas de vivre. Il y a deux a