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« Monsieur Dubois, il vous reste 72 heures avant la saisie » Il y a des matins où tout bascule en quelques secondes. Ce matin-là, ma vie s'est arrêtée net. Je m'appelle Louis Dubois. J'ai 41 ans. Je vis à Bruxelles, à Anderlecht, avec Élodie, ma femme, et Léa, notre fille de 6 ans. Ce jour-là, dans la cuisine, mon téléphone vibre. Un message de la banque : dernier avertissement avant procédure de saisie immobilière. Délai : 72 heures. Trois jours. Pas un de plus. Après ça, nous perdions l'appartement. Huit ans plus tôt, nous avions signé pour 285 000 €. Une mensualité de 1 350 €. J'étais commercial dans la logistique, environ 2 900 € net par mois. Élodie travaillait à mi-temps dans une pharmacie. On ne vivait pas richement, mais on tenait. Puis janvier 2025. Mon entreprise ferme. Restructuration. 47 postes supprimés, le mien compris. Six mois d'indemnités. Ensuite, plus rien. J'ai cherché partout. CV, relances, entretiens sans réponse. Bruxelles est saturée — et avec mon néerlandais approximatif, les portes se ferment encore plus vite. Les factures, elles, continuaient de tomber. Le prêt. Les charges. Les courses. La cantine. Les cours de danse de Léa, qu'on a fini par arrêter. 45 € par mois. On ne les avait plus. Les retards se sont accumulés. Deux mois. Trois. Quatre. La banque appelait chaque jour. Puis les lettres recommandées. Puis les huissiers de justice. Et maintenant : 72 heures. Je suis resté figé, le téléphone tremblant dans ma main. Élodie est entrée. Elle a compris avant même que je parle. — Qu'est-ce qui se passe, Louis ? J'ai montré l'écran. Elle s'est assise. Elle a pris ma main. On est restés là, sans un mot, à fixer le mur. Léa jouait dans sa chambre. J'entendais sa petite voix. Et je pensais : dans trois jours, elle n'aura plus de chambre. Cette nuit-là, je n'ai pas fermé l'œil. Le plafond. Les chiffres. 285 000. 47 983 de retard. Aucune porte de sortie. Vers 3 h du matin, j'ai pris mon téléphone. Je scrollais sans but. Et je suis