Arriéré de loyer : 1 900 €. Solde du compte : 27 €. Je m’appelle Nathalie Delvaux. J’ai 38 ans, je viens de Namur et j’habite à Liège depuis onze ans. Je travaille comme femme de chambre au Van der Valk Hotel Liège Congrès : je nettoie les chambres, les couloirs et les espaces de conférence. J’élève seule ma fille Manon, qui a neuf ans. Dans un mois normal, mon salaire net, les allocations familiales et la pension alimentaire pour Manon représentaient environ 2 250 €. Le loyer à lui seul me coûtait 950 €. Ensuite venaient l’électricité, le gaz, mon abonnement TEC, les courses chez Colruyt, l’assurance habitation et la mensualité d’un ancien prêt personnel chez BNP Paribas Fortis. Il me restait encore environ 5 100 € à rembourser. Chaque mois, 290 € étaient prélevés automatiquement avant même que j’aie vraiment le temps de regarder mon solde. À la fin du mois, j’arrivais tout juste à joindre les deux bouts. Et certains mois, je n’y arrivais même pas. Dès qu’il restait moins de cinquante euros sur mon compte Belfius, j’avais la poitrine serrée. --- Plusieurs congrès et réservations de groupes ont été annulés à l’hôtel. Mes heures ont soudainement diminué et mon contrat à durée déterminée n’a pas été renouvelé. Je me suis inscrite comme demandeuse d’emploi au Forem et j’ai introduit une demande d’allocations auprès de la CAPAC. Mais à cause de mes anciens emplois saisonniers, je n’avais pas accumulé les 312 jours de travail ou assimilés requis au cours des trente-six derniers mois. Ma demande de revenu d’intégration au CPAS de Liège était toujours à l’étude. Pendant deux mois, je n’ai pu payer intégralement ni le loyer ni la mensualité du prêt. J’ai parlé deux fois à mon propriétaire. Après notre deuxième discussion, il m’a envoyé une mise en demeure par courrier recommandé. Comme je ne pouvais toujours pas régler la dette, il a déposé une requête devant la justice de paix compétente à Liège. Un matin, j’ai trouvé deux enveloppes dans la boîte aux lettres. Je l