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Chicken Road 2
Je m’appelle Thomas Dubois, j’ai 22 ans et j’étudie à Liège. Il y a encore peu de temps, j’étais presque certain de devoir rendre mon kot et retourner vivre chez mes parents. Pas parce que j’en avais envie. Au contraire. Mon kot était petit, en désordre, trop cher pour ce que c’était, mais c’était mon espace. Ma liberté. La première fois de ma vie où je vivais vraiment seul. Mais la liberté coûte cher. Et cet argent, je l’avais de moins en moins. Mon job étudiant dans un bar m’aidait, mais jamais assez. Je travaillais le vendredi soir, le samedi, parfois le dimanche, et pendant les semaines chargées, je prenais encore plus de shifts. Résultat : je ratais des cours, je prenais du retard dans mes synthèses et je révisais la nuit avec du café bon marché et des nouilles instantanées. Mon bureau était une catastrophe. Feuilles de cours, gobelets vides, marqueurs, miettes, un ordinateur tellement lent qu’il semblait souffrir à chaque mise à jour. À un moment, ma chambre ressemblait à ma tête : pleine, désordonnée, sans espace. Le loyer devait être payé dans neuf jours. Je ne savais toujours pas comment j’allais faire. Ce soir-là, j’étais assis à mon bureau. J’avais un examen qui approchait, mais je n’arrivais pas à retenir une seule phrase. Mon téléphone s’est allumé. Un ami de l’auditoire m’a envoyé une capture d’écran. “Regarde ça.” Au début, j’ai cru qu’il se moquait de moi. Sur l’image, il y avait plus de 1 000 € gagnés après une partie sur Chicken Road. Je lui ai répondu un truc du genre : “bien joué Photoshop.” Mais il m’a appelé et m’a montré la notification bancaire. Là, quelque chose a changé. Pas que j’ai soudain cru que j’allais devenir riche. Mais j’étais curieux. Et honnêtement, j’étais assez désespéré pour au moins regarder. Je me suis inscrit et j’ai commencé avec 20 €. C’était ma limite. Je me suis dit : si je les perds, j’arrête. Je ne voulais surtout pas tomber dans un truc où je cours après l’argent. Les premières parties n’avaient rien de s