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Je vis en France. Un boulot ordinaire. Un appart ordinaire. Une vie ordinaire — du moins c'est ce que ça avait l'air de l'extérieur. Mais il y a un chiffre que je n'oublierai probablement jamais. 380 €. C'est ce qui s'affichait sur mon compte. Le loyer — 900 €. À payer dans cinq jours. J'étais assise sur mon lit. Le téléphone dans les mains. Je fixais l'écran. Pas parce que j'attendais quelque chose. Mais parce que je savais pas quoi faire d'autre. Vous avez déjà ressenti ça — quand le stress devient tellement lourd que la tête s'éteint toute seule ? On pense plus. On planifie plus. On existe, c'est tout. C'était moi. Je bosse. Un boulot ordinaire, comme il en existe des millions. Je me lève à six heures. Je prends le RER. Je rentre épuisée. Je me plains pas — il y a des gens dans des situations bien pires. Mais à un moment j'ai réalisé que je vivais pas pour moi. Je vivais pour payer mes dettes. Pour régler mes factures. Pour juste tenir jusqu'à la prochaine paie. Les dettes — presque 4 800 €. Les factures EDF qui montaient chaque mois sans raison. Le frigo avec plus de place vide que de nourriture dedans. Et le loyer. Toujours ce loyer. Chaque mois je me disais la même chose : « Passe celui-là — après ça ira mieux. » Ça allait pas mieux. C'était pareil. Ou un peu pire. Cette nuit-là j'ai presque pas dormi. Je fixais le plafond. Puis je prenais mon téléphone — je vérifiais mon appli bancaire. 380 €. Je reposais le téléphone. Dix minutes après je le reprenais. 380 €. Comme si le chiffre pouvait changer tout seul. Vers deux heures du mat je scrollais sans but. Sans penser à rien. Juste pour pas rester dans le silence. Et là un post m'a arrêtée net. Une meuf parlait d'une appli qui l'avait aidée à s'en sortir pendant la période la plus difficile de sa vie. J'ai levé les yeux au ciel. « Ouais c'est ça… » Des posts comme ça j'en avais vu des centaines. D'habitude je passe direct. Mais cette fois quelque chose m'a retenue.