Sweet Bonanza 👉
JE N’AI PAS HONTE D’ÊTRE UN « MAUVAIS PAPA » 👇 Je m’appelle Karim Belkacem, j’ai 35 ans. Je viens d’Oran, et ça fait huit ans que je vis à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Ma femme Leïla et nos deux enfants — Inès, 5 ans, et Adam, 3 ans — c’est mon oxygène. On essaie de vivre normalement, mais souvent, à la fin du mois, c’est la double peine : mon compte en banque chez BNP est à découvert, et l’angoisse monte. Je bosse de nuit comme préparateur de commandes à l’entrepôt Fnac de Villepinte. Ma routine, c’est réveil à 5h du matin, un café serré, puis le RER B bondé jusqu’à Villepinte. L’entrepôt, c’est un monde à part : lumière blanche agressive, musique d’ambiance trop forte et ce bruit constant des chariots élévateurs. Je casse le dos sur des palettes jusqu’à 21h. Quand je rentre à l’appart, tout le monde dort. L’appart est trop petit : les enfants dorment dans la même chambre, séparés par un rideau. Parfois, je reste assis dans la cuisine, à regarder le frigo qui vibre, et je compte mentalement : loyer 1250€, crèche 280€, facture d’électricité qui a encore augmenté… Leïla fait ce qu’elle peut. Elle bosse comme agent d’entretien dans un collège à Bobigny. Le soir, on mange souvent des pâtes, des sardines en boîte, ou du poulet rôti acheté en promo chez Lidl. Un vrai couscous, c’est pour les grandes occasions. Ce qui m’a achevé, c’est Inès. Un samedi, on était au centre commercial Avenir à Montreuil. Elle traînait devant le rayon jouets Lego, celui avec la ferme des animaux. Elle a touché la boîte, puis elle a regardé ses chaussures – des baskets trop petites, usées au talon. Elle a juste dit : « C’est pour les bébés, de toute façon. Adam est trop petit. » Elle a cinq ans. Elle ne devrait pas penser comme ça. Cette nuit-là, j’ai craqué. Assis sur le balcon, j’ai pleuré de rage. J’avais l’impression de leur voler leur enfance. Je me sentais comme un père exécrable, un immense vide… Quelques jours plus tard, en pause à l’entrepôt, mon pote Rachid, un gars de Cl